Une convention conforte le rôle des TISF auprès du couple mère-bébé

Article ‘ASH’ . 11/04/16

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La Fédération nationale des associations de l’aide familiale populaire-Confédération sociale des familles (Fnaafp-CSF) s’est réjouie, dans un communiqué diffusé le 30 mars, de la signature, le 8 janvier dernier, d’une convention nationale entre la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et la caisse nationale des allocations familiales (CNAF) visant à développer un partenariat entre les branches maladie et famille de la sécurité sociale dans le cadre du programme d’accompagnement au retour à domicile (PRADO) maternité.
“Le but de ce partenariat est de favoriser une prise en charge globale au domicile du couple mère-bébé, au moment de la sortie de maternité, par l’articulation d’un suivi médical et d’un accompagnement social et éducatif”, détaille la Fnaafp-CSF. “Nous avons travaillé en lien avec la CNAM et la CNAF pour permettre à cette convention de voir le jour”, explique Jean-Laurent Clochard, responsable du secteur famille à la Fnaafp-CSF. “Elle apporte des avancées considérables en permettant de concilier une intervention médicale et une intervention sociale“. En effet, aux deux visites d’une sage-femme à domicile prévues dans le cadre du PRADO maternité et prises en charge par l’assurance maladie, la convention prévoit d’ajouter la possibilité d’une intervention d’un(e) technicien(ne) d’intervention sociale et familiale (TISF). Ce suivi médical et social conforte l’action de la Fnaafp-CSF et de son réseau d’associations, engagés depuis plus de 10 ans dans un projet expérimental de prévention des dysfonctionnements du lien mère-bébé. “C’est un véritable enjeu de santé publique : de 10 à 15 % des mères développent des dépressions post-­partum, qui ont aussi des conséquences sur la santé des enfants”, note Jean-Laurent Clochard. Avant d’expliquer que la Fnaafp-CSF a mis en place, en partenariat avec le monde médical, un dispositif d’accompagnement des familles à domicile pour prévenir ces troubles en formant des TISF à leur repérage.
Ces formations ont, dans un premier temps, été organisées de façon assez confidentielle, avant d’être développées à plus grande échelle et dans un cadre plus construit depuis trois ou quatre ans. Deux niveaux de formation, de 35 heures chacun, sont maintenant proposés. “Aujourd’hui, les professionnels de santé avec qui nous travaillons ne peuvent plus se passer de cette intervention”, indique Jean-Laurent Clochard. Selon lui, la convention nationale signée entre les deux caisses devrait permettre de contribuer au développement du métier de technicien d’intervention sociale et familiale et de son champ d’action. “Il faudrait même les former à ce type de prise en charge dès la formation initiale”, estime-t-il, en regrettant que la convention ne prévoie pas de formation complémentaire sur cet aspect, un moyen de cadrer cet accompagnement spécifique. La Fnaafp-CSF a, elle, fait le choix de rédiger une charte à travers laquelle ses associations s’engagent “à mettre en place un accompagnement lors du retour à domicile de la mère et de son nourrisson, assuré par un TISF ayant reçu une formation complé­mentaire spécifique de 70 heures sur les troubles de la relation mère-bébé en période périnatale, détaille la fédé­ration d’aide à domicile – cette charte de l’accompagnement à domicile en sortie de maternité de la Fnaafp-CSF et des associations adhérentes est en ligne sur le site de la Fnaafp-CSF.
Pour la Fnaafp-CSF, la prochaine étape consisterait à proposer la gratuité de la prise en charge pour les 20 premières heures d’intervention des TISF (actuellement le financement par la caisse d’allocation familiale est partiel, avec une participation financière des familles calculée en fonction de leurs revenus). “Cela permettrait de toucher un maximum de femmes”, argumente Jean-Laurent Clochard. “C’est en effet sur ces 20 premières heures que les TISF sont en capacité de faire un diagnostic”. Avant d’indiquer que certaines des associations du réseau ont négocié au niveau local cette gratuité.